Le protocol dit "officiel" et le protocole dit "non officiel".
Mis en ligne le : 31-01-2010
En France il existe un protocole qualifié d’officiel, même s’il n’a rien d’officiel. C’est en réalité un parcours de santé élaboré par un psychiatre, le Dr Breton, un chirurgien et un endocrinologue, il y a plus de trente ans. « Ce protocole guide l'évaluation d'une demande de THC , il suggère les bilans à pratiquer et recommande une pratique collégiale. Il n'a aucune base légale et il n'est pas définitif. Il semble reconnu par la Sécurité sociale, le Conseil de l'Ordre des médecins et des tribunaux. »1
Ce protocole impose une observation de 2 ans avec un suivi psychiatrique pendant lequel le patient devra entreprendre un test de vie réelle. C’est à dire vivre avec l’apparence du sexe d’arrivée et cela ne doit pas se limiter à un « travestissement » ponctuel, ce test de vie réelle est un préalable à tout traitement hormono-chirurgical. Les patients reprochent à ce test de vie réelle de survenir avant une quelconque transformation hormono-chirurgical, le qualifiant d’humiliant et de persécuteur. Il peut en effet sembler difficile de réussir un test de vie réelle sans une aide quelconque pour la transformation corporel et orthophonique. On pourrait même se poser la question de la pertinence d’un tel test.
Le but de cette durée d’observation de 2 ans est de s’assurer que le patient de souffre pas d’un authentique trouble mental tel que la schizophrénie ou un délire à thème dysmorphophobique. Cela afin d’éviter qu’une personne qui ne soit pas transsexuelle subisse une opération irréversible qui ne lui soit pas indiquée.
Le patient devra aussi faire un bilan endocrinien, lui garantissant la possibilité d’accéder au traitement hormonal, et un bilan chirurgical lui garantissant la possibilité d’accéder aux chirurgies désirées. Un caryotype lui sera aussi demandé pour vérifier la non existence d’un trouble du développement sexué tel que l’intersexualité. Il devra aussi se soumettre à la passation de tests psychologiques comme le Rorschach ou bien le MMPI.
Au terme de ces 2 ans d’observation, les différents acteurs de la prise en charge, c’est à dire psychiatre, psychologue, endocrinologue et chirurgien se réunissent et décident à la lumière des différents bilans et du test de vie réelle si le patient peut accéder à un traitement hormono-chirurgical. Si le patient est marié, ou bien a des enfants à charge, il ne pourra pas bénéficier de la THC, et sera classifié comme transsexuel secondaire. S’il est classifié comme transsexuel primaire, il pourra alors bénéficier d’une prise en charge à 100% avec l’ALD 23. Il pourra commencer son traitement hormonal de substitution et entreprendre des chirurgies de réassignation sexuelle, une rééducation orthophonique si nécessaire, ainsi que des séances d’épilation définitive auprès d’un dermatologue. Après toutes ces démarches, et s’il a subi la chirurgie de réassignation sexuelle, s’il est stérile, non marié(e) (ou divorcé), n’a pas d’enfant à charge, a été suivi deux années au moins par un psychiatre, et apporte la preuve de tous ces éléments, il peut faire une demande de changement d’état civil auprès du TGI de son lieu de résidence ou de son lieu de naissance en recourant aux services d’un avocat.
Cependant ce protocole dit officiel n’est pas toujours accepté par la communauté transsexuelle qui n’hésitera pas si possible, à entreprendre un protocole dit non officiel. Les limites sont rigoureusement les mêmes que celle du protocole dit officiel, notamment pour le changement d’état civil et l’accès à la prise en charge à 100% avec l’ALD 23. Cependant pour l’accès à l’hormonothérapie, les chirurgies esthétiques et de réassignation sexuelle, la stérilisation et le test de vie réelle, le choix des médecins sont à l’appréciation du patient. Généralement une personne désireuse d’entreprendre un parcours de transsexualisme via un protocole dit non officiel tentera de commencer l’hormonothérapie, parfois avec des marchés parallèles d’hormones ou bien par des voies médicales, au fur et à mesure de sa transformation physique, cette personne adaptera son apparence, en particulier avec un style vestimentaire qui lui convient. C’est une transformation qu’elle fera à son rythme. La possibilité d’obtenir une prise en charge à 100% via l’ALD 23 est possible, il suffit pour cela de faire faire une demande par son médecin généraliste. Elle peut choisir oui ou non un suivi psychiatrique ou psychologique si elle en ressent le besoin, de même pour une rééducation orthophonique ou une épilation définitive par un dermatologue. Connaissant le caractère irréversible des opérations chirurgicales, la question se pose d’entreprendre oui ou non ces opérations. Certaines personnes les désirent, d’autre préfèrent rester seulement sous hormonothérapie . Si elle répond aux conditions nécessaires pour un changement d’état civil, elle pourra déposer la demande auprès du TGI compétent en recourant aux services d’un avocat.
Les principales oppositions entre ces deux types de parcours sont le diagnostic, le test de vie réelle, le choix des médecins et la durée du parcours. Souvent une personne qui fait une demande de transsexualisme aura toujours l’impression qu’elle s’y est prise trop tard et le parcours ainsi que sa transformation n’avancent pas assez vite. Si on suit cette logique, le test de vie réelle, en plus de son caractère humiliant et persécuteur , ainsi que la phase de diagnostic, font perdre du temps pour sa transformation, le but étant de réduire la durée du parcours. D’autant plus que à la lumière des recherches actuelles, la phase de diagnostic reste une énigme, en l’absence d’étiologie, le thérapeute est mis devant le fait accompli de la demande de transsexualisme, ce n’est pas le thérapeute qui évalue et diagnostique le transsexualisme, il valide le diagnostic qui lui est présenté par le patient. La question de ces deux années d’observation se pose, est-ce deux années sont réellement nécessaires ? Ou bien est-ce là une faille possible d’un contre transfert et ces deux années serviraient à rassurer le thérapeute selon la logique suivante : Si la demande persiste malgré ces deux années, qualifiées d’humiliantes et persécutrices par la communauté transsexuelle, alors c’est que cela doit être une demande vraie.
Axelle
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1 : Extrait du protocole dit officiel (équipe de Paris)
Source : ACTHE
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